In memoriam

J. D. Ojeikere a définitivement posé sa caméra.

Our author Obidike Okafor pays tribute to legendary photographer J.D. 'Okhai Ojeikere.

J.D. 'Okhai Ojeikere. Photo: Clara Giacalone

By Obidike Okafor
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J. D. ’Okhai Ojeikere n’a jamais laissé le formidable succès remporté par ses photographies altérer son éthique de travail, et même à 83 ans, il restait vivement motivé par les images qu’il avait projetées pour 2014. Même si ce passionné de tirages photographiques a définitivement rejoint la terre de ses ancêtres, la vaste collection qu’il a laissée derrière lui témoigne de son dévouement et enrichira les générations à venir de précieuses connaissances culturelles.

Ojeikere n’était pas prêt à partir là, tout de suite, car il travaillait à un nouveau projet pour 2014. Son esprit créateur n’avait rien perdu de sa force, même après 63 années passées à photographier. Ses œuvres dégageaient toujours la même énergie et force novatrice que lorsqu’il avait commencé à prendre ses premières photos avec un Brownie D, alors âgé de 20 ans.

Tous les Ojeikere adorent les appareils photo – au sein de sa famille, les clichés remarquables de J. D. Ojeikere ont donné le goût à plusieurs générations d’immortaliser des événements et des expériences par la photographie. Cet amour de l’archivage pourrait bien remonter à l’un des plus ambitieux projets d’Ojeikere, initié en 1968, pour lequel il avait photographié systématiquement les coiffures de femmes nigérianes.

J.D.' Okhai Ojeikere. Gallery Ffty One, Antwerp

J.D.’ Okhai Ojeikere. Gallery Fifty One, Antwerp

Ojeikere a débuté comme assistant laborantin en 1954 au ministère de l’Information à Ibadan. Il commence à photographier à une époque où personne ne considère la photographie pour sa valeur artistique ou documentaire.

Après être devenu membre du Nigerian Arts Council, outre sa série photographique Hairstyle, Ojeikere commence à photographier la diversité culturelle spécifique aux Nigérians, restant fidèle à sa vision artistique qui allait au-delà des considérations lucratives.

Ce n’est que plus tard que sa collection regroupant plus de 1000 images de coiffures et certains autres travaux sera présentée dans des galeries et des musées dans le monde, comme à la documenta en 2007 et à la Ve Biennale de Venise en 2013 dans le cadre de « Il Palazzo Enciclopedico », dont le curateur était Massimiliano Gioni.

Même après plus de 60 ans de pratique de la photographie, son regard perçant sur la vie vue à travers l’objectif avait gardé la fraîcheur insufflée par son esprit créateur, qui nourrissait année après année son désir de créer de nouvelles œuvres.

La leçon que pourra tirer tout peintre, tout photographe, ou quiconque suit une vocation artistique, de l’un des plus grands maîtres de l’obturateur d’Afrique, est que, à la fin de la journée, la patience paye toujours.

Les projets de la famille d’Ojeikere de créer les archives de l’ensemble de son œuvre, publiée ou non, visent à la fois à lui rendre hommage et à conserver son legs.

J. D. Ojeikere sera regretté par les photographes et curateurs, mais aussi par tous ceux qui apprécient la vie telle qu’elle est.

Obidike Okafor est consultant en contenu, journaliste d’art indépendant et réalisateur de documentaires travaillant à Lagos (Nigéria).

 

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