Venice Biennale 2019

Nana Oforiatta Ayim à propos du tout premier pavillon du Ghana à Venise

En 2019, pour la première fois, le Ghana aura son propre pavillon à la Biennale d’art de Venise. Il présentera des artistes de différentes générations, dont El Anatsui, Ibrahim Mahama, Felicia Abban, Lynette Yiadom-Boakye, John Akomfrah, et Selasi Awusi Sosu. Leurs œuvres seront agencées en un lieu conçu par l’architecte anglo-ghanéen David Adjaye. Directrice de l’ANO (centre de recherche culturelle) d’Accra, la commissaire de l’exposition Nana Oforiatta Ayim a choisi pour thème « la liberté du Ghana » (d’après la chanson pour l’indépendance Ghana freedom de E.T. Mensah). Feu Okwui Enwezor avait compté parmi ses conseillers stratégiques. Will Furtado s’est entretenu avec Ayim au sujet de l’organisation du pavillon et de son impact sur les paysages artistique et politique du Ghana.

John Akomfrah. Mimesis: African Soldier, 2018. Three channel HD colour video installation, 7.1 sound Dimensions variable. Co-commissioned by 14-18 NOW, New Art Exchange, Nottingham and Smoking Dogs Films, with additional support from Sharjah Art Foundation. Photo © IWM / Film © Smoking Dogs Films

By Will Furtado
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C& : Réalisé par l’architecte de renom David Adjaye, le pavillon présente une forme elliptique particulière.

Nana Oforiatta Ayim : Le concept est inspiré par les formes architecturales terrestres interconnectées que l’on peut voir dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il est doté d’un sol latéritique provenant du Ghana.

C& : Pourriez-vous m’en dire plus sur la sélection des artistes et la décision d’inviter des créateurs qui ont déjà participé à la Biennale de Venise ?

NOA : À l’occasion de cette première présence du Ghana, nous avons souhaité une pluralité de points de vue et de voix. Comme il existe un bon nombre d’artistes au sommet de leur maîtrise, tant dans le pays qu’à l’étranger, nous avons voulu voir ce qui se passerait si nous les réunissions tous sous un même toit, pour ainsi dire. Je voulais trouver un équilibre, une coupe transversale entre les générations, les genres et les artistes enracinés au Ghana, ainsi que ceux de la diaspora.

Ibrahim Mahama. Fracture. Tel Aviv Museum of Art. 9 December 2016 – 27 May 2017. © the artist. Photo © Ibrahim Mahama. Courtesy White Cube

C& : Y a-t-il de nouvelles commandes ? Dans quelle mesure les œuvres proposées sont-elles conformes au thème de « Ghana Freedom » ?

NOA : Toutes les œuvres sont des commandes récentes, à l’exception de celle de Felicia Abban. Dans la diversité de leurs formats et itérations, ces travaux permettent tous de s’interroger, d’explorer plus profondément la notion du Ghana en tant que pays et en tant qu’idée, de savoir à quel stade nous sommes arrivés depuis notre formation ou notre indépendance, et comment cela se traduit dans notre environnement, nos représentations, nos constructions de la mémoire et de l’histoire.

Lynette Yiadom-Boakye. A Whistle in a Wish. 2018. Oil on canvas, 75.5 × 70 cm. Courtesy the artist; Corvi-Mora, London; and Jack Shainman Gallery, New York.

C& : Pensez-vous que ce pavillon peut avoir un effet sur les paysages artistique et politique du Ghana ?

NOA : Je suis très curieuse de voir ce qui en ressortira. C’est la première fois depuis l’époque de Kwame Nkrumah [le premier président du Ghana après l’indépendance de la Grande-Bretagne en 1957] qu’un gouvernement a autant pesé pour soutenir l’expression et la résonance culturelles, et c’est un formidable point de départ pour ce qui va advenir. Sur le plan artistique, il me tarde de voir l’impact que cela aura sur les jeunes artistes, les auteurs et les commissaires d’expositions, surtout lorsque nous lancerons nos plates-formes au Ghana, lorsque nous ramènerons l’exposition chez nous à l’issue de la Biennale de Venise.

 

Le pavillon national du Ghana expose à l’occasion de la 58e exposition internationale d’art contemporain, la Biennale di Venezia, à l’Artiglierie de l’Arsenal, du 11 mai au 24 novembre 2019.

 

Nana Oforiatta Ayim est un écrivain, historien de l’art et cinéaste ghanéen. Elle est la fondatrice et directrice de l’ANO Institute of Arts & Knowledge à Accra.

Entrevue par Will Furtado.

 

Traduction de l’anglais par Myriam Ochoa-Suel.

 

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