1er Douala Art Fair

Les promesses d’une première édition

Du 1er au 3 juin 2018 à Douala, capitale économique du Cameroun, s’est déroulée la toute première foire d’art contemporain et de design jamais organisée dans ce pays et dans la sous-région d’Afrique centrale. L’événement a donné l’opportunité à des dizaines de plasticiens camerounais célèbres dans le monde, mais souvent peu connus sur leur propre territoire de présenter leurs créations à un public curieux. Douala Art Fair, premier essai a-t-il été un coup de maître ?

Ajarb Bernard Ategwa, Installation view at Douala Art Fair 2018 at Canal Olympia, Bessenguè. Photo: Peres Projects

By Monica Nkodo
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L’esplanade du complexe de cinéma Canal Olympia situé à Bessengué, célèbre quartier de Douala a défendu les intérêts d’une autre forme d’expression artistique du 1er au 3 juin 2018. Le temps d’un week-end, le 7e art a laissé la place aux arts plastiques. Des tableaux, des sculptures, des performances, entre autres disciplines suscitant le visuel, étaient au cœur de trois jours intenses à Douala, à l’occasion de la toute première foire dédiée à l’art contemporain et au design organisée au Cameroun.

Baptisé Douala Art Fair, cet événement inédit porté par l’agence de communication créative Omenkart – de la jeune entrepreneure camerounaise Diane Audrey Ngako – avait plusieurs objectifs avoués. Comme l’explique Landry Mbassi, curateur camerounais et commissaire de Douala Art Fair : « La première édition s’inscrit ainsi dans une logique de réaffirmation de la place majeure qu’occupe la capitale économique du Cameroun dans sa contribution à la visibilité de cette production étonnante, débordante mais peu souvent promue localement. Il s’agit pour ses promoteurs de lancer, non plus un cri d’alerte, mais d’appel à l’endroit de potentiels collectionneurs, galeristes, commissaires, fondations, musées, etc. dont l’intérêt pour la création contemporaine africaine est avéré. »

Des echanges enrichissants autour de l’art contemporain au Cameroun. Photo: Yvon Ngassam

Au premier chef, cette initiative a pour but de dévoiler le talent d’artistes plasticiens camerounais, au cœur d’un paradoxe socioculturel intrigant. Célèbres et exposés dans les plus grandes galeries de la planète, des noms comme Joël Mpah Dooh, Barthélémy Toguo, Boris Nzebo, Bili Bidjocka, etc. restent encore mal connus ou inconnus du public national. Douala Art Fair propose une nouvelle croisée des chemins entre un domaine souvent perçu à tort comme élitiste et des populations de la ville de Douala, qui avec des événements comme le Salon Urbain de Douala (SUD), s’habituent peu à peu à la cohabitation avec l’art contemporain. C’est donc les yeux emplis de curiosité que nombre d’habitants sont venus découvrir la quarantaine d’œuvres présentées par une vingtaine d’artistes. Une symphonie impressionnante à ciel ouvert. Car c’est en plein air que se vit Douala Art Fair.

Entre les lignes

Au cours d’un voyage surprenant, les visiteurs une fois sur le site, se sont frottés à l’identité artistique des plasticiens et à leur regard posé sur le monde à travers leur travail. Chaque partie de la grande exposition est en soi une exposition ! La scénographie des œuvres pensée par le commissaire de Douala Art Fair, donne une sensation de promenade dans une maison dotée de plusieurs ouvertures portant chacune sur un univers particulier. Sous des tentes, les œuvres subtilement éclairées par des projecteurs pour guider les pas de tous dans cette nuit du dimanche 3 juin 2018, invitent à se plonger dans une exploration de formes, de courbes et de couleurs.

Béatrice Yougang met la femme en lumière. Photo: Yvon Ngassam

Béatrice Yougang rend un hommage à la femme grâce à ses tableaux mettant en scène des dames élégantes, bien dans leurs peaux mais aussi dans leur époque, bercée entre modernisme et tradition. Jean David Nkot poursuit ici sa recherche sur le phénomène de l’immigration, révélant des pieds imposants avançant à pas de géants vers un ailleurs qu’ils espèrent meilleur, différent. Au travers de cette sélection regorgeant de talents dans nombre de disciplines, trois générations de plasticiens dont les œuvres, loin de se bousculer, dialoguent, se rencontrent, partageant la même vision dans une saine émulation.

À cette nouvelle foire de l’art contemporain et de design au Cameroun et en Afrique centrale, aucune frontière n’existe entre les créations de Koko Komégné, celles de Barthélémy Toguo, Tally Mbock, Marc Padeu, Yvon Ngassam, et nombre d’autres. Cette première édition « expérimentale » comme l’ont décrite ses organisateurs a tenu son pari de trois jours de découverte et d’effervescence contemporaines. La deuxième édition, qui pourrait se révéler alors comme l’un des événements les plus attendus des prochains mois (de l’an prochain) pour l’art contemporain camerounais, viendrait concrétiser cette expérience.

 

Monica Nkodo est une journaliste vivant et travaillant au Cameroun.

 

 

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