Critique: Bird Song

Paying Tribute to Personal and Collective Traumas

Being Deutsche Bank’s “Artists of the Year” 2017, Wa Lehulere is currently showing at Deutsche Bank KunstHalle in Berlin: his first institutional solo exhibition. Our Author Will Furtado took a closer look.

Kemang Wa Lehulere, Broken Wing, 2016. Deutsche Bank KunstHalle, 2017. Installation view. Photo: Mathias Schormann

By Will Furtado
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The history of South Africa remains a difficult one to tell and digest. Despite the many things that give cause for celebration, for instance the rich diverse culture, the majestic nature, and the successful World Cup, the phantoms of apartheid still permeate the lives of South Africans. The artist Kemang Wa Lehulere was born in Cape Town and spent part of his childhood under the regime. His art also deals with apartheid’s repercussions in myriad poetic forms.

As a starting point, the exhibition pays homage to the forgotten South African painter Gladys Mgudlandlu (1917-1979), who lived in the township Gugulethu where Wa Lehulere grew up. Mgudlandlu was one of the first Black artists to exhibit in South Africa and her landscapes earned her the nickname “Bird Lady”. Bird Song constantly makes connections between the past and present, including the reconstruction of one of Mgudlandlu’s murals that Wa Lehulere’s aunt Sophia had seen as a little girl. Other gouache on paper works by Gladys Mgudlandlu, depicting scenes of fauna and street life, are also on display, juxtaposed with Sophia Lehulere’s chalk on blackboard drawings of what she remembered of Mgudlandlu’s work: Does this Mirror Have a Memory (2015). The established relationship of reconstruction and recognition sets the tone for the rest of the exhibition which explores new ways in which the present and the past are intertwined.

Kemang Wa Lehulere, Does this Mirror Have a Memory 4, 2015. Left: Gladys Mgudlandlu, untitled, 1966. Right: Drawing in collaboration with Sophia Lehulere, 2015. © Kemang Wa Lehulere, Sophia Lehulere, Gladys Mgudlandlu, courtesy STEVENSON Cape Town and Johannesburg

Nombre des œuvres ont été spécialement conçues pour cette exposition et ont recours à la symbolique universelle de l’oiseau (qui peut incarner la lutte pour la liberté mais aussi l’expulsion) pour traiter des traumatismes personnels et collectifs. L’installation My Apologies to Time (2017) est composée de nichoirs reliés entre eux par des tuyaux métalliques et des bureaux d’écoliers. Wa Lehulere joue ici sur le parallélisme entre les nichoirs et les écoles comme lieux de refuge. Mais cette sculpture a des motivations plus profondes. Les matériaux utilisés proviennent d’écoles de townships qui, une fois déclarés quartiers résidentiels réservés aux Blancs, donnèrent lieu à des expulsions. Près de l’installation, des chiens en céramique d’apparence joyeuse sont assis. Ils incarnent d’une part la présence policière et la discipline dans l’éducation, et symbolisent de l’autre les animaux domestiques aimés qui n’ont pas eu le droit de déménager avec leurs maîtres et ont été tués – une mesure violente de l’administration de l’apartheid dans les années 1960 et 1970.

Kemang Wa Lehulere, Bird Song, Installation view. Front: My Apologies to Time, 2017. Photo: Mathias Schormann

Cette dichotomie entre le bien et le mal, le tendre et le dur se retrouve tout au long de l’exposition et lui confère sa force. Sur une surface de projection au mur défile la vidéo Homeless Song 5 (2017) que l’artiste a tournée dans les townships avec vue sur la mer, désormais désertés. On y voit Kemang Wa Lehulere, dont le dos nu sert d’écran pour le titre en langue des signes. La langue des signes américaine apparaît également à d’autres endroits de l’exposition afin, semble-t-il, de symboliser un langage universel. Ceci semble toutefois quelque peu arbitraire, sachant que l’artiste lui-même ne maîtrise pas ce langage.

Kemang Wa Lehulere: Homeless Song 5, 2017, Videostill, Digitalvideo © Kemang Wa Lehulere

Dans l’ensemble, Kemang Wa Lehulere fait montre de sa flexibilité et de sa polyvalence en utilisant divers médias et formes narratives pour livrer une représentation d’histoires enfouies et en enrichissant son travail d’une dimension politique. Une œuvre au mur incarne parfaitement cette polyvalence : la toile montre des notes de musique d’un album que Wa Lehulere a enregistré spécialement pour cette exposition avec le musicien de jazz Mandla Mlangeni. La partition constituée de cheveux africains – sans doute ceux de l’artiste – revêt une dimension supplémentaire et rend hommage à l’identité noire et à la résistance d’une manière à la fois subtile et puissamment poétique.

L’installation qui apparaît de loin comme la plus importante et impressionnante reste toutefois Broken Wing (2017). Constituée d’éléments d’anciens bureaux d’écoliers assemblés en objets évoquant des béquilles et formant une aile, cette sculpture suspendue se balance en l’air, telle une vague, dont un élément séparé ressemble à une aile cassée. Comme nombre d’autres œuvres de Wa Lehulere, la symbolique est ici également forte. Entre chaque béquille, un râtelier est inséré entre des cales en bois avec, entre les dents, des bibles en langue xhosa, suggérant que religion et éducation peuvent toutes deux être des instruments camouflés de l’oppression.

Malgré le sérieux des narrations de Kemang Wa Lehulere, elles sont souvent empreintes de chaleur et d’humour. Lorsqu’il aborde la perte, il souligne les processus de reconstruction et là où, au premier abord, il ne semble pas exister de corrélation, il révèle les liens manquants. « Bird Song » dévoile un artiste qui a recours à diverses approches pour présenter le présent sous son véritable jour, sans pour autant fétichiser le passé.

 

L’exposition « Bird Song » de Kemang Wa Lehulere est à voir jusqu’au 18 juin 2017 à la Deutsche Bank KunstHalle à Berlin.

 

 

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